Fête antinationale

Le 22 et 23 juin se fête au Luxembourg la fête nationale. Des cérémonies officielles comprennant hymnes, soldat.e.s et drapeaux pour le gouvernement et la monarchie et une retraite au flambeau et fête patriotique pour les classes populaires. Les gens se déclarent comme «petit peuple» afin de fêter l’anniversaire grand-ducal dans les rues.

Il nous paraît intolérable que les nations soient célébrées maintenant, alors que s’élève à l’échelle globale une vague de nationalisme qui amène avec elle une incitation à la haine.

Nous ne parlons pas que du cas Trump aux États-Unis ni des cas Wilder, Le Pen, FPÖ, AfD, Brexit etc. en Europe: il y a maintenant aussi des voix « centristes » qui montent les gens les uns contre les autres et renforcent la xénophobie et le racisme.

Une nation ne se définit qu’en se démarquant des autres. Au lieu de fêter ce qui nous rassemble, des divisions fictives sont construites. Les frontières ne protègent personne, ni cultures, ni “identités”, elles les détruisent. Les frontières sont cause de violence et de mort. En 2016, la méditerranée, à la frontière européenne, a compté plus de 5.000 morts, cette année le nombre s’élève déjà à 1.300 personnes (ProAsyl).

Des fausses idées de souveraineté et de protection priment désormais sur les droits de l’homme et droit d’asile.

Fier.ère d’un drapeau et d’un passeport?

Le Luxembourg lui aussi renforce les frontières, au lieu de les abolir et participe également à la fortification des frontières extérieures de l’UE. Le nationalisme se montre de plus en plus au Luxembourg aussi. Lors du référendum de 2015, presque 80% des électeurs et électrices ont choisi de priver leurs voisin.e.s du droit de vote, uniquement car ceux-ci/celles-ci ont une nationalité différente dans leur passeport.

Les nationalistes essaient sans relâche d’instrumentaliser le débat autour des langues du pays, afin de parler d’identité nationale et d’utiliser un vocabulaire faisant allusion à une “invasion linguistique”. Évidemment, la nation est officiellement au service de la place financière et du capital ce qui nous donne le Nationbranding.

C’est pourquoi nous lançons un appel à ne pas participer aux cérémonies nationalistes et à ne pas se laisser instrumentaliser au nom de la nation.

Ni nations – Ni frontières.

C’est notre devoir à tous de faire face à ce nationalisme. Ce n’est pas un simple passeport qui nous rassemble, mais le désir d’un avenir plus juste. Nous souhaitons ainsi créer et soutenir un mouvement d’opposition, afin de dénoncer ces dérives nationalistes aussitôt qu’elles apparaissent.

Nous ne fêtons pas une nation, mais notre vision d’un avenir sans nations ni frontières. Nous célébrons un futur sans discrimination relative au passeport, à la couleur de la peau, au sexe ou à l’orientation sexuelle. Ce futur n’existe pas encore! C’est donc à nous de montrer, pendant une soirée, qu’une telle vision est possible.

C’est donc ensemble, avec vous, que nous souhaitons marquer cette soirée, encore désignée comme fête du patriotisme, d’un geste contre les frontières et les nations.

 

 

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