Poème à crier dans un débarras

Inspiré de Poème à crier dans des ruines de Louis Aragon

Débarrassez-vous des mythes urbains
Débarrassez-vous de cette culture qui n’en est pas une
Culture torture
Culture du viol

Débarrassez-vous de moi
Débarrassez-moi de vous
Débarrassez le plancher
Je vis en rase-motte

Je n’étais pas de la partie
Mais partie à gagner
Les dés jetés
Déchiquetée en morceaux
Fil barbelé
Léthargie quotidienne

Sortez de vos pantoufles
Laissez tomber vos « Eh Mademoiselle »
Plongez les mains dans la boue
Bouée de secours à l’amer

Plongez vos mains dans la boue
Et retirez-les de nos chairs
Chaire d’église
Banc froid
Froide ignorance – des faits
Pas de compassion pour les souillées

Plongez vos mains dans les tranchées
Guerre de tranchées qui n’est pas la nôtre
Guerre de tranchée où vous nous avez forcées
Invasion jusque dans nos foyers
N’extrapolez pas vos guerres intérieures
Dans notre intérieur

Nos entrailles

Vous en voulez des mots ?
Je vous vomis mes tripes
Tripes de truie
Chair excise
Dégustation malsaine
Sans façon
Sang dans les tranchées
Tranchée en morceaux
Seau de cire
Marquée au fer rouge
Rouge sang
Draps tachés
Draps tranchées

Débarrassez-moi d’eux
Débarrassez-moi de vous
Débarrassez-vous de moi
Puisque ça vous convient

Débarrassez-vous de cet anonyme inconnu
Toujours coupable, toujours la nuit
Toujours un coin de rue sombre

Débarrassez-vous de votre violence
Pression psychologique
Charbon thoracique

Respiration palpable
Silence palpable
Silence pesant

Inconscience
Pas de conscience
Qui ne dit mot consent

Débarrassez le plancher
Je vole en rase-motte
Pour trancher vos têtes

Guillotine,
Joli nom
Jolie môme

Nous sommes là
Souillées
Et nous allons nous battre

Dans nos chambres
Dans les coins de rue
Dans les soirées alcoolisées

Débarrassez le plancher avant qu’on y mette feu

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