Chanson d’une ombre dans l’ombre

Poème inspiré de Chanson d’une dame dans l’ombre de Paul Celan

Quand l’abysse guette
Qui regarde ?
Qui détourne les yeux ?
Qui s’allonge dans sa vie ?

Il en est un, qui a ma peau
Il en est un qui cache le néant entre l’émail
Il a les yeux vert froid marécage
Il perce, infiltre
Ainsi les sables chauds deviennent mouvant
Celui-là ne regarde pas
Celui-là détourne les yeux
Celui-là vend
Celui-là ne donne pas
Celui-là ne s’allonge pas
Celui-là domine
Celui-là casse

Il en est un qui a mes côtes
Il les accroche en port-clefs
Il découvre sa mâchoire écartelée
Il englouti, vorace
Celui-là ne regarde pas
Celui-là détourne les yeux
Celui-là vend
Celui-là ne donne pas
Celui-là ne s’allonge pas
Celui-là domine
Celui-là cage

Il en est un qui vit dans l’abysse
Il en est un qui repeint
Il en est un sur qui le noir déteint
Il en est un qui est seul
Celui-là regarde
Celui-là ne détourne pas les yeux
Celui-là donne
Celui-là ne vend pas
Celui-là enveloppe éclats écrus, dans un drap rouge sang
Celui-là éponge
Celui-là s’épuise, pauvre
Celui-là m’allonge dans son corps
Celui-là crée de ses mains posées des mosaïques

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