Lettre Ouverte à la Bourgmestre de la Ville de Luxembourg

Madame le bourgmestre, 

Votre Cité est devenue répugnante et la colère gronde au sein de la population. 

L’air est rempli de l’insolence que dégagent les cortèges quotidiens de l’élite et de la Jetset locale qui, grâce à l’inexistence d’un plan social de la ville et sans véritable contrôle du fisc, se font conduire de leurs palais auto-érigés dans le pays jusqu’en ville. 

Leurs boutiques préférées prennent possession des points stratégiques de la Grand-rue. Louis Vuitton, Longchamp et compagnie emmerdent le commun des mortels. Les avocats microcéphales qui rôdent dans nos rues représentent un danger pour tous. 

Personne ne s’occupe du déclin de notre ville. 

Ce samedi après-midi, comme tous les samedis après-midi, ils avaient leur rassemblement en pleine Grand-rue pour leur shopping hebdomadaire. Ils garent leurs SUVs dans des parkings souterrains, se dirigent vers Cartier et Prada, et s’offrent même parfois un demi-biscuit de chez Oberweiss pour la modique somme de 5€. Le soir, leur progéniture se soûle au White et au Bypass.

Les bancs, que vous avez mis à la disposition des promeneurs, ne sont même pas occupés par ces sinistres individus.

Pourquoi tolérez-vous que votre Cité devienne une immense « gated community » dans laquelle les hommes d’affaires revendiquent « la loi et l’ordre » pour chasser la pauvreté du champ de vision de leur clientèle fortunée ? 
Pourquoi tolérez-vous que le gouvernement se mêle de la politique communale, vu que ses membres font partie de ceux qui peuvent dépenser une somme exorbitante pour une écharpe et que ceux qui sont dans la rue devant ces magasins ne savent récolter cela en six mois?

Faut-il vous rappeler que votre devoir essentiel s’articule en trois points forts qui échappent à toute discussion voire atténuation: 

– La ville appartient à tout le monde – pas d’expulsion des classes basses. 
– Relations respectueuses et sécurité de CHAQUE habitant – pas de harcèlement et pas de répression des infortunés de notre société mais la mise en place de réseaux nécessaires pour lutter contre la pauvreté 
– La Grand-rue n’est pas une vitrine du « Nationbranding » mais devrait être un reflet de notre société. Soyez honnête et avouez l’échec de notre système social au lieu de construire des coulisses de Disneyland. 
Faites un effort. 

Vos citoyens, qui ne se sentent plus écoutés, en ont marre, marre, marre et encore marre. 
Nous sommes en pleine saison touristique. Quel souvenir garde selon vous un touriste ordinaire de votre minable ville élitaire ? 
Il ne faut pas s’étonner qu’ils n’aient plus aucune envie de revenir. 

Recevez notre profond respect,

Jonk Lénk, Richtung 22, UNEL (Union nationale des Etudiant-e-s du Luxembourg)

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